Actualités
Prospection sur la teppe et le bois de Fée….

Prospection sur la teppe et le bois de Fée….

Avec Claudette, nous nous étions donné rendez-vous au lieu dit « les combettes » pour une inspection de la végétation au dessus de Leynes en vue d’une prochaine sortie à vous proposer.
Le mont de Leynes et le bois de Fée sont situés aux confins du Mâconnais, sur des calcaires décalcifiés de pente et de plateau. Photo d’accroche par Bourgogne-Tourisme.

La table d’orientation, implantée à 417 mètres d’altitude au dessus de Leynes, offre un magnifique panorama sur le Beaujolais, la vallée de la Saône, le Revermont et les Alpes.

Après avoir goûté au plein soleil des pelouses calcaires, nous avons longé le bois sans trouver la moindre feuille d’orchidée, puis nous sommes revenus par le chemin du sous-bois.

N.B. : Dans la forêt, courrant sous et sur les feuilles de la litière au moindre dérangement, nous avons observé des centaines de petites araignées du genre Pardosa (plus de 500 espèces -40 en Europe- que l’on trouve dans toutes les régions du monde). On les reconnaît à leurs bandes claires, médianes et latérales et leurs pattes, relativement longues, munies d’épines perpendiculaires, surtout visibles sur les pattes postérieures. Elles ne tissent pas de toile mais chassent leurs proies à courre et bondissent dessus. Ce comportement leur a valu le surnom d’araignées-loups.
Liens : Jessica Joachim et Un monde dans mon jardin.

Liste des plantes vues dans les pelouses : (Ordre alphabétique)
N.B. : Une callunaie jouxte la pelouse semi-aride à Brome.

Carex Halleriana
Calluna vulgaris
Juniperus communis (mâle et femelle)
Pinus nigra (implantation humaine)

dans les coins ombragés et les haies :
Prunus spinosa
Viola alba et Viola hirta

Liste des plantes vues sur les bords du chemin dans le sous bois : (Ordre alphabétique)

Alliaria officinalis
Anemone nemorosa
Aquilegia vulgaris
Asplenium trichomanes
Cedrus atlantica et Pinus nigra (plantations humaines)
Ficaria verna
Helleborus foetidus
Lamium maculatum
Potentilla sterilis
Primula veris
Pulmonaria montana

Nous y reviendrons cet été pour observer :

– Le Genêt d’Allemagne (Genista germanica), arbrisseau rarissime en Bourgogne et typique des milieux peu acides,

– la Coronille faux-sené (Hippocrepis emerus), arbuste méridional protégé réglementairement proche de la limite nord ouest de son aire de répartition,

– le Silène d’Italie (Silene italica), plante méditerranéenne rarissime en Bourgogne, en limite nord de son aire de répartition et dont la quasi-totalité des stations régionales se trouve dans le Mâconnais.

Voici les photos prises ce jour, saurez vous les reconnaître? Prenez un papier, réponses en desous …

1 Carex halleriana (Laîche de Haller), Cyperacée. Lien
2 Pulmonaria montana (Pulmonaire des montagnes), Boraginacée. Tige arrondie. Feuilles d’été souvent nécessaires à la détermination. Comparaison avec P. obscura.
3 Stellaria holostea (Stellaire holostée). Caryophyllacée. Lien
4 Primula veris (Primevère officinale ou coucou). Primulacée. Lien.
5 Lamium maculatum (Lamier à feuilles maculées). Lamiacée. Bien plus grand que le lamier pourpre ( vu lui aussi). Ses feuilles sont souvent panachées de blanc en hiver. INPN.
6 Alliaria officinalis (Alliaire officinale). Brassicacée. Feuilles cordiformes, dentées et luisantes dégageant une odeur d’ail quand elles sont froissées.
7 Helleborus foetidus (Hellebore fétide). Renonculacée toxique. Feuilles persistantes palmatiséquées ; fleurs en cloche penchée (protection contre les intempéries) à 5 sépales jaune-verdâtre à bords rougeâtres; follicules à bec crochu ; odeur désagréable. Sur sols calcaires. Les 5 pétales produisent un nectar, ainsi qu’une levure qui, en fermentant, assure un chauffage d’appoint ! Lien.
N.B. : Fleurit ordinairement deux fois, la première fois vers cinq ans (entre quatre et neuf ans, parfois déjà la seconde année). De nouvelles tiges naissant de la souche assurent une seconde floraison l’année suivante, cette seconde floraison étant généralement suivie par la mort de la plante.
8 Juniperus communis femelle, (Genévrier commun) Cupressacée. Se distingue du genévrier cade (Juniperus oxycedrus) par ses aiguilles n’ayant qu’une seule large bande blanche (alors que les aiguilles du cade ont deux bandes parallèles plus étroites), et par des fruits plus petits et plus sombres.
Les pieds femelles produisent les « baies de genièvre ». Cet arbuste a besoin de beaucoup de lumière. Ses aiguilles sont rayées d’une unique bande blanche. Les baies prennent deux (trois) ans pour mûrir, initialement elles sont d’abord vertes, puis pruineuses et à maturité elles ont une couleur bleu-violet.
En cuisine, les baies de genévrier, avec leur arôme chaud et résineux, sont utilisées pour aromatiser les gibiers, le porchetta, les jambons, les ragoûts, les poissons, le pâté, les saucisses, les garnitures, etc., et se combinent bien avec des légumes marinés et les choux (choucroutes). LIEN.
9 Pinus nigra (Pin noir d’Autriche). Pinacée. La couleur de son écorce est jaune-brun à gris selon les sous-espèces ; elle est couverte de larges écailles plates séparées par de profondes fissures qui s’élargissent de plus en plus avec l’âge. Aiguilles sombres groupées par deux et très longues (> 8 cm)
Deux autres sous-espèces peuvent êtres observées dans les Hautes-Alpes : le Pin Laricio et le Pin de Salzmann. Les aiguilles sont de couleur vert-jaune chez la sous-espèce salzmannii.
10 Potentilla sterilis (Potentille stérile). Rosacée. Sterilis : car elle ne forme pas de fraise. Son port rappelle celui du fraisier des bois (Fragaria vesca). Sa fleur comporte 5 pétales en coeur espacés laissant voir les sépales. Voir Jessica. Le dessous des feuiles est velu comme son pétiole et la dent terminale de chaque folliole est plus courtte que ses 2 voisines, (contrairement aux fraisiers) : Photo INPN.


11 Juniperus communis mâle
Cupressacée.

Cônes polliniques de Juniperus communis par Wikimédia T. Kebert

12 Aquilegia vulgaris (Ancolie commune) Cupressacée.
Ses fleurs sont composées de sépales pétaloïdes et de pétales en forme de cornet avec un éperon recourbé à l’arrière. Comparaiason FloreAlpes avec A. alpina
13 Anemone nemorosa
, (Anémone des bois). Renonculacée.
14 Viola hirta
(Violette hérissée). Violacée. Ni odeur, ni tige ni stolon. Hérissée de poils courts. Feuilles crénelées, cordiformes, en rosette, velues surtout dessous et à leur base. Sépales émoussés et une couleur violet bleu plus pâle différencient cette violette des autres. Pousse dans les broussailles ouvertes.
15 Cedrus atlantica
(Cèdre de l’Atlas)
Se distingue des autres cèdres par ses rameaux dressés à aiguilles bleutées, courtes (2 à 2,5 cm). Certaines branches portent des cônes mâles, d’autres des cônes femelles.
16 Asplenium trichomanes
(Capillaire des murailles
) Aspleniacée. Le rachis de ses frondes est fin, brun rougeâtre et luisant. Pennes insérées obliquement sur le rachis terminé par une petite penne.
17 Lonicera periclymenum
(Chèvrefeuille des bois) Caprifoliacée. Cette feuille appartient à une liane arbustive montant jusqu’à 4 mètres en s’enroulant autour des tiges dans le sens lévogyre. En étranglant leur support, elles peuvent causer des dégâts aux jeunes arbres. Les fleurs sont très parfumées. 
N.B. : Sur la photo, la feuille est minée par la larve d’une mouche.
Voir la faune entomologique des chèvrefeuilles.
18 Viola alba (Violette blanche). Violacée. A stolons non radicants et florifères. Feuilles : vert-jaunâtre, toutes en rosette basilaire, cordées, crénelées, pubescentes, à long pétiole velu. Ne doit pas être confondue avec les formes à fleurs blanches notamment de Viola odorata (Viola odorata f. albiflora) dont les stolons sont radicants. societedhistoirenaturelledujura. LIEN photo.
19 Prunus spinosa (Prunellier). Rosacée. Forme des buissons inextricables (nombreuses épines acérées). Ses nombreuses fleurs blanches apparaissent début mars, dégageant une odeur de miel. La floraison précède la feuillaison. Comparaison des fleurs avec Prunus mahaleb (arbustif à arborescent) :

Chez P. mahaleb, les étamines sont moins en éventail, le style est plus court et les sépales sont plus longs.
La floraison de P. mahaleb commence quand celle de P. spinosa est presque terminée.

Chez P. mahaleb, floraison et feuillaison sont concomitantes et leurs feuilles sont bien différentes.
Voir prochain aricle sur les Prunus dans le Référentiel.

Comparaison des rameaux de P. Spinosa à gauche et P. mahaleb à droite en avril.

Auteur/autrice

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.