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Sortie du 24 mai 2023 à la Vieille Seille à Sermoyer

Sortie du 24 mai 2023 à la Vieille Seille à Sermoyer

Nous étions 5 lors de cette sortie avec un très beau temps : Jacqueline, Jean-Claude, Pascal, Pierre-Yves et Claudette. Compte rendu par Claudette et Pierre-Yves.

Premier arrêt pour voir une zone inondable malgré un drainage qui lui donne un aspect marécageux.
Il y a aussi un ruisseau.

C’est dans cette zone que nous verrons :

Euphorbia palustris, l’euphorbe des marais, typique de ces milieux. Elle est haute d’environ 1m.
La tige robuste et pleine (encadré du milieu) porte de nombreux rameaux stériles et d’autres à fleurs.
Les ombelles jaunes vif ont des rayons de taille variable et nous observons leurs fruits : de grosses capsules de 5-6 mm à trois sillons, couvertes de tubercules arrondis (photo de droite, en haut).


Elle cohabite avec de nombreux Carex et un magnifique jonc (Juncacée) de grande taille, 1m20 environ, avec une tige à section triangulaire et à bord concave marqué. L’inflorescence est formée de plusieurs épis bruns certains sessiles, d’autres groupés à l’aisselle de deux longues bractées.
Il s’agit de Bolboschoenus maritimus, le scirpe maritime :

Dans cette même zone on observe plusieurs pieds de Valeriana officinalis, la valériane officinale, blanc rosé, une Caprifoliacée :

Valeriana officinalis.

En bordure de la zone et dans le ruisseau, des Iris pseudacorus, une Iridacée jaune, courante dans ce type de milieu.
Il semblerait que ce soit cette plante qui serait représentée dans la fleur de lys de la royauté française.

A gauche, les tiges au fond d’un fossé innondable.

Toujours dans le fossé, une Alismatacée, Alisma plantago-aquatica aux rosettes de grandes feuilles ovales lancéolées à nervures parallèles. Dommage que nous ne soyons pas à la période de floraison de ce plantain d’eau aux fleurs à trois pétales mauves délicats d’une grande beauté.

Photo de gauche, la plante entière, au centre une feuille, à droite, le bouton floral.

Il y a aussi des Silene flos-cuculi, le Lychnide fleur de coucou, une Caryophyllacée. Rappel : L’espèce devrait son nom flos-cuculi à sa période de floraison, quand le coucou commence à chanter.

Filipendula ulmaria, la reine des prés, Rosacée, en feuilles seulement, la floraison est plus tardive.
Ses feuilles sont divisées en 5-7 folioles principales dentées et pointues et de nombreuses toutes petites folioles qui sont intercalées entre les grandes. Ceci donne une feuille très caractéristique. La foliole terminale est plus grande que les autres et divisée en 3 lobes.

Juncus effusus, le jonc épars, est un jonc plus discret que le scirpe maritime, en touffes vertes et avec des tiges dressées sans bractées. Les fleurs petites et brunes semblent fixées sur la tige aux 2/3 de la hauteur.

On voit aussi Lysimachia nummularia, la lysimaque nummulaire ou herbe aux écus, rampante avec ses feuilles rondes opposées. Cette Primulacée donne de petites fleurs jaunes dans les prairies humides.

Nous nous dirigeons ensuite sur le second site, le plus spécifique avec cette mare intermittente très intéressante. Elle regroupe des espèces rares comme :

Ranunculus peltatus, la renoncule peltée, qui est une Ranunculacée aquatique à grosses fleurs blanches (presque 2 cm). Les feuilles flottantes sont semi -orbiculaires échancrées et les feuilles immergées sont capillaires.

Très proche, une autre Ranunculacée, Ranunculus trichophyllus aux fleurs beaucoup plus petites, ne possède que des feuilles capillaires (découpées en lanières).

Déjà fleuri, ce qui est tôt, le Butomus umbellatus, ou butome en ombelle, dit aussi jonc fleuri en raison de sa belle ombelle rosée. C’est une Butomacée, protégée au niveau national.
Le mot butome dérive du grec βούτομος (de bous, « bœuf » et temno, « couper ») qui signifie littéralement « qui coupe la langue des bœufs » en raison du caractère coupant de ses feuilles.

Veronica scutellata, la véronique à écusson, est une Plantaginacée plus discrète, typique des zones humides. Avec des feuilles étroites un peu brunes, elle porte des grappes lâches de petites fleurs mauve pâle à pédicelles filiformes sur des pédoncules très grêles. Elle donne un aspect assez fragile.

Différente mais de la même famille des Plantaginacées, Veronica catenata, la véronique rose
Elle occupe les mêmes milieux que Veronica anagallis-aquatica, mais s’en distingue par des fleurs plus petites et roses. D’autre part le pédoncule fructifère forme un angle droit avec l’axe de l’inflorescence et la capsule dépasse généralement le calice à maturité.

Veronica catenata.

Dans ce milieu humide, on trouve une grosse population de Rorippa amphibia, une Brassicacée qui pourrait faire hésiter avec Rorippa palustris aux fleurs plus pâles, plus petites que le calice.

Bien sûr, Mentha aquatica, une Lamiacée, offre aussi de belles populations. Elle n’est pas encore fleurie.

Il y a aussi une belle population d’Eliocharis palustris, le scirpe des marais, une Cyperacée des zones amphibies, à tige dressée non ramifiée d’environ 20 cm avec un épi terminal sans écaille.

Eliocharis palustris, le scirpe des marais

En ceinture autour de cette zone à plantes immergées, on trouve aussi des plantes très intéressantes :

Scutellaria hastifolia, la scutellaire à feuilles hastées, aussi rare que Scutellaria galericulata, la scutellaire à casque, fréquente dans les berges d’étangs.

C’est une Lamiacée protégée, classée en danger en Bourgogne et vulnérable en Rhône-Alpes.
Si elle a bien deux fleurs géminées comme la scutellaire à casque, celles-ci sont plus globuleuses, par contre, ses feuilles sont hastées, c’est à dire en forme de hallebarde.

Lathyrus nissolia, la gesse de Nissole est une Fabacée avec de longues feuilles semblables à celle des graminée. Sa fleur fushia, unique est longuement pétiolée (entre 5 et 6 cm environ).

Myosotis laxa subsp caespitosa, le myosotis cespiteux est une Boraginacée.
D’aspect glabre, elle a une cyme  non feuillée et des fleurs éparses bien colorées. Les spécialistes la reconnaissent à son calice en entonnoir profondément divisé.

Plusieurs renoncules jaunes sont présentes : 

Ranunculus arvensis? la renoncule des champs? avec ses fruits bien particuliers, à la fois hérissés et enroulés :

Ranunculus sardous, autre renonculacée, mais moins courante :

Avec son pédoncule floral dressé aminci au sommet et dont le fruit forme une bouLe hérissée de carpelles. Observez ses feuilles particulières et leurs stipules :

Sortrie à 3 arrêts

Elle cohabite avec Ranunculus flammula, la petite douve.
Jacobea erucifolia, le séneçon à feuilles de roquette est une Astéracée qui ne passe pas inaperçue.

Plus spécifique de ces prairies inondables, Alopecurus rendlei le vulpin de Rendle ou vulpin utriculé est une graminée (Poacée) classée vulnérable par disparition progressive des prairies inondables. La vallée de la Seille a encore de belles populations. Il est à noter qu’une magnifique touffe de cette graminée trône dans la mare. Il a été présenté lors de la sortie prairies humides en bord de Seille (30 avril 23).

Le troisième site est une prairie inondable ou nous trouvons :

Myosotis laxa qui cohabite avec un autre myosotis à la tige plus grosse, aux feuilles ovales assez grosses et à aux fleurs regroupées sur la cyme enroulée. Il s’agit de Myosotis scorpioides, le myosotis des marais :

Il y a beaucoup d’Oenanthe silaifolia dans cette prairie, l’oenanthe à feuille de silaüs. C’est une Apiacée emblématique de ces prairies. Sa tige sillonée est creuse et son ombelle présente 5 à 10  rayons de longueurs différentes qui donne donc des groupes de fleurs bien séparés :

Une autre Oenanthe que l’on peut rencontrer dans les prairies longuement inondables : L’Oenanthe fistuleuse, Oenanthe fistulosa. En botanique, un organe (ici la tige) est fistuleux lorsquequ’il est creux comme une fistule. Les tiges de cette Oenanthe sont fistuleuses, comme celles de l’oenanthe à feuille de silaüs.

N.B. : Les fleurs sont blanches ou rosées, les centrales bisexuées et fertiles, les externes mâles.
La floraison étant débutante, l’inflorescence n’est pas typiques sur cette photo.

On voit aussi un Galium verum, le Caille-lait jaune, une Rubiacée :

Galium palustre, Le Gaillet des marais se distingue des autres espèces de gaillets par des feuilles assez étroites et une inflorescence très ramifiée, donc très étendue.

Et une prêle, Equisetum palustre aux longues ramifications fines et horizontales.

Dans le bras mort de la Seille, on voit 3 feuilles flottantes de Hydrocharis morsus-ranae, grenouillette, morène des grenouilles, petit nénuphar, protégée en France, considérée comme en danger en Rhône-Alpes. Il est rare de la voir en fleur. Hydrocharitaceae.

Dans les prés environnants, une graminée très esthétique : la crételle à cêtes, Cynosorus cristatus :

Nous n’avons pas cité la flore plus courante dans les prairies ou les bords des chemins, tant nous avons vu des plantes rares pour nous, si typiques des zones humides.

Et pour finir, quelques animaux photographiés au cours de cette sortie :

N.B. : Ce qui différencie les tenthrèdes des chenilles, c’est le nombre de leurs pattes : les vraies chenilles possèdent 3 paires de vraies pattes et au maximum 5 paires de fausses pattes, tandis que les tenthrèdes, en plus de leurs 3 paires de vraies pattes, présentent entre 6 et 9 paires de fausses pattes, plus une paire de pattes annales.

Merci aux participants et bonne lecture à chacun !

Auteur/autrice

  • Pierre-Yves Raba

    Passionné par la nature et ses richesses, j'aime découvrir, photographier, apprendre et partager mes connaissances. N.B. : Je suis ouvert à vos remarques pour améliorer le site, merci de les adresser à pyraba@live.fr

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