Semaine 33, observations diverses.

Photo envoyée par Marie.
Mais quel est ce coléoptère muni de longues antennes annelées et d’élytres brunes et ponctuées?

Il s’agit de Saperda carcharias, la grande saperde du peuplier ou saperde chagrinée.
Saperda évoque le travail de sape effectué par sa larve qui creuse des galeries.
Carcharias est aussi employé dans le nom scientifique du grand requin blanc pour accentuer cet appétit féroce. Carcharias dérive du grec karkharos qui signifie « aux dents aiguës ».

Cette espèce est inféodée aux peupliers dont elle est l’un des principaux ravageurs surtout dans le bassin méditerranéen. Les adultes se nourrissent de feuilles ou de l’écorce des pousses de l’année.
Un autre exemple de générations évitant la concurence alimentaire entre parents et enfants !

Après l’accouplement, à l’aide de ses mandibules, la femelle pratique une incision dans l’écorce des peupliers et y pond isolément 30 à 40 oeufs, la ponte s’échelonnnant de juillet à septembre.
Une fois écloses, les larves pénètrent jusqu’à l’aubier en creusant dans un premier temps une galerie horizontale, puis une galerie verticale de 30 à 40 cm de long (à 90° par rapport à la précédente) vers le haut ou vers le bas :

Croquis par https://plandejardin-jardinbiologique.com/

Au printemps de la 3e ou 4e année de son développement la larve se transforme en pupe, puis en adulte.
N.B. : Les pics et en particulier le Pic épeiche (Dendrocops major) sont les principaux prédateurs des larves.

Adulte en activité postprandiale sur feuille de peuplier par observations.be.

Voir la petite salerpe du peuplier avec LES INSECTES GALLICOLES ou CECIDOGENES
Voir une cousine, la salerpe à échelons … Voir d’autres insectes xylophages …

Argiope frelon, ou Épeire fasciée :

On peut croire que son camouflage jaune et noir sert de protection vis-à-vis de prédateurs qui la prendraient pour un frelon, une étude a démontré que l’alternance des stries jaunes et noires sur le corps de cette espèce doublait en réalité le nombre de ses captures d’insectes en agissant comme leurre visuel rendant l’araignée moins visible pour ses proies.

Femelle, sa proie dans un cocon et son stabilimentum.
Photo à la Creuse du Vernay, sur le sentier des crêtes,  – Ménétrières – Vergisson.

Elle pratique le cannibalisme sexuel systématique avec plus ou moins de succès et la polyandrie.
Le mâle, au terme de l’accouplement, abandonne volontairement dans 80 % des cas son appareil copulateur ce qui diminue les chances d’un rival de féconder la même femelle et augmente ses chances de la fuir donc de survivre après l’accouplement.
De nombreuses théories ont été avancées pour expliquer la présence du stabilimentum, motif blanc de soie en zigzag qui se trouve sur la toile.

Pour aller plus loin : Notes de terrain, Les carnets de Jessica et …
Insectes-net pour voir le cocon en montgolfière et une vidéo exceptionelle par André Lequet.

Cocon en montgolfière d’Épeire fasciée photographié par Marie le 8 octobre 2021.

Bombyx du chêne : (Lasiocampa quercus).
Le mâle a les ailes de couleur brun chocolat avec une bande jaune lumineuse postmédiane relativement large. L’aile antérieure possède un petit point blanc cerclé de sombre. Les antennes sont pectinées. La femelle ressemble au mâle mais ses ailes sont plutôt beiges, la bande plus pâle et plus diffuse, les antennes filiformes.
Avec cette canicule, il est entré de nuit par une fenêtre ouverte …

Alors ? Mâle ou femelle?

Mélitée du mélampyre en train de butiner sur knautie sp, dans un champ sur le mont de Pouilly :

N.B. : Un peu plus de 5100 espèces de papillons en France métropolitaine, dont plus de 4800 nocturnes ou Hétérocères et moins de 270 diurnes ou Rhopalocères.

Sonneur à ventre jaune, Bombina variegata. Protégé dans toute la France.

Nous l’avions déjà rencontré avant d’arriver sur la lande de Roche noire, dans une petite mare temporaire. C’était la Sortie du 10 mai 2019 à Roche noire (Solutré).

Je l’ai trouvé cette fois-ci dans une flaque d’eau boueuse et temporaire, en forêt, au sud de la Grange du bois, dans un triangle entre Rontelaval, Bois Carras et les Bottières, non loin des pylones.
Sa face ventrale (photo 1) est jaune, tachetée de noir et lisse, elle contraste fortement avec sa face dorsale marron et pustuleuse.
N.B. : La répartition des taches sur le ventre de chaque individu est unique, comme les rayures du zèbre.

Comme peuvent le faire d’autres membres de sa famille quand ils sont dérangés ou agressés, cette espèce présente un comportement défensif particulier : c’est le réflexe d’Unken.
Sur les photos 2 et 3, il s’est arc-bouté sur le dos en présentant sa face ventrale tout en rapprochant ses membres du corps : mains sur les yeux et pattes repliées.
Il s’immobilise en mettant en évidence les couleurs aposématiques de son ventre.
N.B. : Si l’agression continue, le sonneur peut libérer un liquide visqueux, poison irritant pour les yeux et à l’odeur repoussante.

Lorsqu’il entre en catalepsie, il adopte une posture de lordose lombaire, c’est-à-dire qu’il se cambre en relevant ses
membres, afin d’exposer aux prédateurs ses couleurs vives dites « aposématiques », leur signalant sa toxicité.

Leur régime alimentaire est carnivore : composé de petits coléoptères, collemboles et vers alors que les têtards sont végétariens (algues, diatomées). On évite ainsin la concurence alimentaire entre générations !

On voit distinctement sur cet individu les « verrues » de sa face dorsale surmontées d’une épine kératinisée noire.

Le sonneur à ventre jaune est un amphibien, aux côtés des crapauds et des grenouilles.

Photo ci-dessus et texte ci-dessous par la Salamandre qui m’a rappelé à l’ordre :
UN SONNEUR N’EST PAS UN CRAPAUD !
Les sonneurs ont :
-un ventre jaune taché de noir qui est propre à chaque individu,
-une pupille en forme de cœur,
-le dos parsemé de petite pustules
et une taille de 3,5 à 5 cm.

Alors que les crapauds ont :
-une couleur unie,
– une pupille horizontale,
-deux glandes à venin sur le dos
et une taille de 5 à 11 cm.

N.B. : La salamandre édite un miniguide « Les amphibiens« .

Il a les yeux de l’Amour !

Photo ONF

Quelques questions …

Comment le rencontrer ? La meilleure période d’observation se situe entre janvier et juillet, surtout le mois de mars et la première quinzaine d’avril. L’idéal est de prévoir sa sortie après une journée douce et pluvieuse». Il faut bien choisir le lieu : «Il faut privilégier un milieu aquatique : les mares, sans poisson de préférence, car les poissons sont les plus gros prédateurs des amphibiens et de leurs œufs.»
Il a la particularité de coloniser rapidement de nouveaux milieux, des zones pionnières, temporaires et très artificielles car d’origine anthropique (ici une ornière dans un chemin forestier faite par un tracteur venu chercher du bois).

Comment distinguer s’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle ?
 On ne peut le faire qu’en période de reproductionLe mâle arbore des callosités nuptiales (comme les gants d’un gardien de buts), un renforcement de peau au niveau des pouces et des avant-bras qui lui permet de maintenir la femelle.

Pourquoi préférer pondre dans une flaque d’eau temporaire ?
Le fait qu’elles apparaissent et disparaissent au gré des précipitations fait qu’elles ne contiennent pas d’autres animaux et surtout, pas de prédateurs. En effet les sonneurs à ventre jaune pondent moins d’œufs que les autres batraciens. Dans un étang, leur progéniture se verrait dévorée en un rien de temps, l’espèce s’éteindrait très rapidement. Les prédateurs ne peuvent pas survivre lorsque la flaque s’assèche.

Que se passe-t-il lorsque la flaque s’assèche ? Les œufs et les têtards meurent rapidement. Les adultes s’enterrent dans la boue humide et attendent que la prochaine pluie arrive ou bien cherchent une autre mare. Cependant, si l’assèchement perdure, ils peuvent mourir.

Pourquoi l’appelle-t-on sonneur ? Son nom vient de ce chant plaintif que les mâles émettent pour appeler les femelles et marquer leur territoire. Ce chant « hou hou », rarement audible à plus de 20 m, est souvent comparé au son d’une cloche. Après qu’un premier mâle l’ait émis, un second le rejoint, puis d’autres encore. Peu à peu le choeur s’amplifie. L’observateur a le sentiment étrange d’entrer dans un petit monde d’où les pleurs aigus d’un bébé humain, prisonnier des eaux sombres, le solliciterait… LIEN.

Où vit le sonneur à ventre jaune le reste de l’année ? Comme la plupart des amphibiens, le sonneur
à ventre jaune a un cycle de vie biphasique, c’est-à-dire qu’il utilise des habitats terrestres en période d’hivernage et un habitat aquatique en période de reproduction. Entre les sites d’hivernage et les sites de reproduction, un individu peut parcourir plusieurs kilomètres (généralement, il vit à moins de 200 mètres).
Dès le mois d’octobre, il hiverne sous des pierres ou des souches, dans la vase, l’humus, la mousse, blotti dans un microterrier de mammifère, une fissure de roche ou un tas de bois, si possible à l’abri du gel.
Il réaparaît au printemps. LIEN.

Quelle est la particularité du comportement reproducteur chez le Sonneur à ventre jaune ?
Au printemps, lorsque les mâles se sont bien installés dans leur point d’eau, le concert de sifflements peut commencer. Ils se laissent flotter à la surface de l’eau, leur ventre commence par se remplir d’air, qui est expulsé ensuite en un faible sifflement. LIEN. Ces petits cris plaintifs, destinés à atirer les femelles dans leur mare, audibles à une dizaine de mètres seulement, sont émis de jour comme de nuit.
Lorsqu’une femelle se présente, il va s’installer sur son dos, ses pattes antérieures encerclent la taille de la femelle au niveau des membres postérieurs, il la maintient, aidé de ses callosités évoquées plus haut.
On parle d’amplexus lombaire :

N.B. : Chez le crapaud commun, l’amplexus est dit axillaire.
Ainsi installé, il va lui masser le bas du ventre pour l’aider à expulser ses ovules, qu’il féconde dans la foulée afin qu’ils se transforment en œufs. La rencontre entre les gamètes (ovules et spermatozoïdes) a donc lieu dans l’eau de la mare, elle est externe.
Les ovules fécondés tombent sur les parties immergées : brindilles et plantes aquatiques ou simplement sur le fond. L’éclosion a lieu au bout de 8 jours. La métamorphose survient entre juillet et octobre.
La fragmentation de la ponte (une centaine d’ovules) en petits chapelets comportant de 1 à moins d’une vingtaine d’ovules se fait dans l’espace et dans le temps ; une stratégie qui permet à la femelle de ne pas « mettre tous ses œufs dans le même panier » (de ne pas « mettre tous ses rejetons dans la même mare ») et probablement de s’accoupler avec différents mâles ce qui lui permet de diversifier sa descendance.
La diversité des pièces d’eau ensemencées et la participation de plusieurs mâles à sa descendance offrent plus de chances de « combinaisons gagnantes » pour la survie de sa progéniture que si elle pondait tous ses ovules dans la même mare avec le même mâle. Dès qu’il pleut, la femelle s’accouple avec un mâle.

Quelle est l’origine des populations de sonneur à ventre jaune ?
C’est une espèce d’Europe centrale et méridionale orientale, qui, en suivant les réseaux hydrographiques à la fin des dernières glaciations, a recolonisé l’Europe d’est en ouest, atteignant ainsi sa limite occidentale en France.

La hêtraie du pays de l’Ourcq, où vit la plus grand population de sonneurs d’Ile-de-France.

Test de connaissances : « Le crapaud sonneur mâle va masser la femelle sous les aisselles pour qu’elle expulse les œufs, qu’il féconde dans la foulée. »
Il y 3 erreurs dans cette phrase trouvée sur Internet. Saurez vous les trouver?
La réponse à la fin.

Pour aller plus loin : Le Courrier de la Nature n° 279.

Volucella zonaria, la volucelle zonée, Diptère de la Famille des Syrphes.

 Je l’ai prise pour un frelon européen (Vespa crabro).
Cette mouche l’imite par sa taille (près de 2,5cm), son aspect zébré et son vol bourdonnant.

Grâce à l’article que lui consacre Jessica J., vous pourrez sans mal, déterminer son sexe.

Pour aller plus loin avec « Quel est cet animal » :

ETYMOLOGIE : Volucella = qui vole légèrement et rapidement et zonaria = avec des ceintures.
En anglais son nom est « Hornet Hover-fly » , le syrphe-frelon.
Sa ressemblance avec le frelon n’est pas fortuite, la femelle pond ses œufs dans les nids de frelons, sa larve se nourrit de frelons (également d’abeilles, bourdons et autres hyménoptères) morts dans le nid et d’autres débris, elle est saprophyte. Elle se nourit parfois du couvain, elle est alors parasite.
La ressemblance avec le frelon lui sert sans doute à pénétrer dans les nids de ces derniers pour pondre, mais c’est aussi une protection contre beaucoup de prédateurs qui ont appris à leurs dépends à associer les bandes jaunes et noires à des insectes munis d’aiguillon et de venin. C’est ce que l’on appelle le mimétisme batésien qui consiste pour des espèces inoffensives à arborer les colorations voyantes d’espèces dangereuses.

Smyrnium olusatrum, le maceron, une plante ancienne oubliée, proche du céleri, que nous avions rencontrée dans partie basse du Prado au cours de la Sortie à Levigny, le 1er avril 2023.

Sa tige est ramifiée, cannelée, creuse, avec des feuilles persistantes à 3 folioles très découpés comme du grand persil plat tandis que les feuilles basales sont divisées 3 fois en segments.

Je suis allé voir où en était cette plante pour en récolter quelques graines :

Akènes de Smyrnium olusatrum, le maceron.

Cette apiacée robuste (peut atteindre 2 m de haut) pousse naturellement à l’état sauvage sur quasiment toutes les côtes du bassin méditerranéen et de la façade Atlantique. Elle peut être cultivée dans votre potager (sol frais, riche en matière organique, et exposition ensoleillée) car l’ensemble de la plante est comestible : les racines sont consommables crues ou cuites, les jeunes pousses peuvent se consommer crues en salade ou confites dans du sucre. Les feuilles, au goût un peu plus relevé que le céleri, aromatisent des soupes et plats de viandes. Les inflorescences, les boutons floraux et jeunes fruits, confits dans le vinaigre, peuvent servir à parfumer certains plats, potages et salades notamment. Les graines sèches (à maturité) peuvent être utilisées comme condiment (poivre).

Sur l’île de Ré, un artisan combine la baie maceron à la viande de porc, aux salicornes, au pineau rouge et à la fleur de sel pour en fabriquer ses saucisses artisanales.

Les graines de maceron, riches en vitamine C, étaient très prisées des marins car elles permettaient de lutter contre le scorbut lors des grandes traversées vers le Nouveau Monde.

Pour aller plus loin…

Quand le semer ? Au printemps (mars et avril) ou en automne (septembre – octobre.)
Confusions ? Avec l’Angélique des bois, la Berce commune ou l’Impératoire mais ces plantes possèdent des fleurs blanches ou rosées et non pas vert-jaunâtre.
Un produit de contre-bande ? Les noms poivre des moines ou encore agneau chaste proviennent de sa culture dans les monastères, liée à ses vertus réputées pour apaiser les ardeurs masculines.

Maceron en fleurs au printemps, par la ferme des baleines.

Le genre Smyrnium compte 8 espèces parmi lesquelles le maceron potager (Smyrnium olusatrum) mais également le maceron perfolié (Smyrnium perfoliatum), très proche, ou Smyrnium cordifolium

Jeu des 3 erreurs : «Le crapaud sonneur mâle va masser la femelle sous les aisselles pour qu’elle expulse les œufs, qu’il féconde dans la foulée.»

Avez-vous trouvé?

Ce n’est pas un crapaud, il la tient au dessus des hanches et non pas sous les aisselles, et elle expulse des ovules pas des oeufs. L’ovule sera fécondé par la laitance mâle, une fois les ovules émis dans l’eau.

Ce n’est que lorsque vous mangez oeufs de poules élevées en plein air avec un coq, que vous mangez des oeufs, sinon, vous mangez des ovules.

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