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La carrière de gypse de Berzé la Ville (entre Mâcon et Cluny).

La carrière de gypse de Berzé la Ville (entre Mâcon et Cluny).

Suite à notre sortie à BLONDAS, Claudette m’a « branché » sur les gypses de Berzé la Ville….
Je vous ai rédigé un article dans le double but de vous informer et de vous proposer une sortie géologie avant la prochaine sortie botanique.

L’extraction du gypse est très ancienne à Berzé la Ville.
Si l’édification de l’abbaye de Cluny a débuté entre le 10e et le 12e siècle, l’exploitation du gypse à Berzé par l’Abbaye de Cluny n’est documentée qu’à partir du 15è s., en particulier pour le palais de l’Abbé Jacques II d’Amboise qui abrite actuellement  la Mairie de Cluny.
N.B. : Les gypseries extérieures ont subi une très belle restauration avec du gypse de St Jean de Maurienne.
Une étude a été diligentée en 2011 afin d’identifier les provenances des différents parements en albâtre.

Les moines de Cluny ont utilisé les veines les plus pures du gisement situé au nord de Berzé pour pour réaliser des parements décoratifs en albâtre gypseux comme pour le palais Jean de Bourbon et pour décorer les constructions abbatiales.

En 1702 l’Abbé de Cluny achète la plâtrière. Marie-Anne Gagnol qui a fait des recherches sur l’histoire de la platrière de Berzé (son étude  est en vente au Super U de Prissé).

La technique la plus ancienne était le concassage à l’aide d’une masse en bois à long manche, ou avec un rouleau de pierre. Le travail se faisait à bras d’homme. À la fin du XVIIIème siècle et au XIXème siècle, plusieurs types de machines à broyer le plâtre ont été utilisés. On trouvait, à Berzé-la-Ville des moulins constitués de deux meules : une meule dormante horizontale, fixée au sol, sur laquelle tournait une meule verticale tirée par un cheval. (Photo d’accroche).

En 1832, le propriétaire d’un puits de plâtre, Guillaume Dubief, dépose un brevet d’invention d’un moulin à plâtre sur deux niveaux.

A Milly, une petite mine n’a duré que de 1837 à 1874.

En 1838, un autre exploitant, Estève Deville, modernise le broyage. Il utilise les installations d’un moulin à huile du village de La Roche Vineuse à 3 km, proche d’un cours d’eau, le Fil, pour aménager une machine à pulvériser qui fonctionnera avec la force hydraulique.


Vers 1840, sous l’impulsion de son successeur Etienne Bonnin, l’exploitation du gypse devient industrielle : il édifia alors un nouveau moulin pour réduire en poudre le gypse, des bâtiments pour loger son personnel et pour stoker le plâtre ainsi qu’une écurie.

Ensuite, l’exploitation en carrières souterraines prend de l’importance vers 1850 d’abord par des vignerons pour l’amendement des terres argileuses puis par des ingénieurs lyonnais à plus grande échelle. Les cavités ont été utilisées pour la germination de l’orge, qui sera grillée ensuite dans les bâtiments de la Malterie (près du tunnel par lequel on pourra voir les cavités) Les salles souterraines ont été enfin une champignonnière jusque dans les années 1950.

En 1855, il installe une machine à vapeur qui pourra moudre en une heure et demie ce qu’un cheval, tournant une meule verticale, moud dans sa journée. Complémentaire du moulin hydraulique, l’usine pourra fonctionner même en période d’étiage. Le moulin hydraulique et le moulin à vapeur sont installés dans une usine située à Saint-Sorlin (actuellement La Roche-Vineuse) rebaptisée par les vignerons frondeurs qui ne voulaient plus de Saint-Sorlin.
N.B. : Dans le dernier quart du XIXe siècle, ce moulin à vapeur réintégrera Berzé-la-Ville dans un local annexé à la plâtrerie.

Il invente ensuite une locomobile pour acheminer son plâtre jusqu’à la Saône. Astucieux, il profite de la chaleur de ses fours pour faire germer du malt. En concurrence avec Paris, il fait évoluer ses fours avec l’arrivée du charbon dans l’industrie.

Le gypse était extrait des carrières au moyen de wagonnets tirés par des chevaux, puis broyé, chauffé, concassé puis tamisé. La poudre recueillie, le plâtre, était mise en sacs pour être expédiée.

Il s’agit d’un gisement d’au moins 20 mètres d’épaisseur, le plus important de Saône et Loire.

On accédait aux gisements par des puits individuels et par des galeries forées dans le flanc de la montagne. Les six fours rectangulaires et les trois fours circulaires sont encore visibles aujourd’hui.

On produisait trois qualités de plâtre à Berzé la Ville :

  • le blanc cristallin pour les dernières couches des plafond, les sculptures et les moulures ;
  • le plâtre compact grisâtre pour les premières couches ;
  • le plâtre grisâtre plus ou moins terreux qui sert à amender les terres argileuses.

Les plâtrières de Berzé la Ville ont été marginalisées progressivement par la concurrence et ont fini par cesser leur activité à la fin du 19ème.

Il reste de cette industrie des témoins tout à fait remarquables, comme les maisons des propriétaires et des contremaîtres, les logements d’ouvriers, les anciennes écuries. Tous ces bâtiments ont été transformés en maisons particulières au fil des années.

L’association Les Amis du Vieux Berzé travaille à la restauration et à la mise en valeur de ce site inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1994.

Contact : Les Amis du Vieux Berzé, Mairie, 71960 Berzé-la-Ville, tél. : 33 (0)3 85 37 71 10
courriel : amisvieuxberze71@gmail.com
site internet : amisvieuxberze71.org

Pour aller plus loin : Transformation du gypse en plâtre

LIRE L’ARTICLE COMPLET : Marie Anne GAGNOL – Association Les Amis du Vieux Berzé – Paru dans Le monde des moulins N°45 – Juillet 2013.

Sources et pour aller plus loin :
De l’orge au malt
Du malt à la bière
Du malt au wkisky
Le site de Berzé la ville
Fédération des moulins de France
Académie de Dijon

Auteur/autrice

  • Pierre-Yves Raba

    Passionné par la nature et ses richesses, j'aime découvrir, photographier, apprendre et partager mes connaissances. N.B. : Je suis ouvert à vos remarques pour améliorer le site, merci de les laisser sur le site. Si vous cherchez si j'ai posté des informations sur une espèce, tapez son nom dans la fenêtre RECHERCHER en bas d'un article. Comme d'autres, nous avons l'intime conviction que les connaissances, qu'elles soient le fait d'amateurs ou de scientifiques de renom, doivent être mises à la disposition de chacun, pour former une bourse du savoir gratuite et sans prétention.

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