Sorties 2021
Sortie géologie du 11 septembre 2021 à Vergisson.

Sortie géologie du 11 septembre 2021 à Vergisson.

Sortie géologique « Du calcaire au granite » proposée par l’Université de Dijon.

Compte rendu Pioerre-Yves RABA.

Le 11 septembre 2021, Annabelle Kersuzan et Didier Quesne, ont animé une ballade géologique entre les deux roches, du calcaire au granit était le thème, la marche passait par Vergisson, la Grange du bois, Solutré.

Le rendez-vous était à 9h30 au parking de la place de la mairie de Vergisson.
Départ à 10h en direction de La Roche de Vergisson.

Arrêt 1 : 10h30, Observation de la falaise de Vergisson.

Le groupe devant la grande falaise de Vergisson.

Dist : 0,8km, D+ :102m.

Cette falaise, comme celle de Solutré, est verticale et se compose de strates principales plurimétriques séparées par des couches plus fines. La hauteur moyenne de cette falaise est de 25 m. (maximum 30m). Elle culmine à 438 m. Celle de Solutré culmine à 493m.

Le pied de cette falaise se compose d’une roche plus érodable car plus argileuse que les niveaux au-dessus. Il présente une pente de 35 degrés, partiellement végétalisée.

Didier nous explique que les teintes variables de ces calcaires proviennent essentiellement de l’oxydation du fer qu’ils contiennent.

On observe un vol de Choucas des tours et un nid de Grand corbeau vers le sommet de la falaise.

Arrêt 2 : Parking de la petite falaise d’escalade. Dist : 1km, D+ :106m.

Petite falaise d’escalade, parking P3.

On y observe des figures d’une sédimentation particulière : nombre de couches se terminent en biseau; on parle de stratifications entrecroisées. Elle révèle une sédimentation particulièrement agitée.

Janine devant une stratification entrecroisée.


Les vagues de beau temps ont une action jusqu’à 20 m, les vagues de tempête jusqu’à 150 mètres.
Elles sont respoensables de ces figures de sédimentation agitéee.

Comme dans toute la région, l’ensemble présente un pendage vers la Bresse de 20 degrés environ. Ce pendage date de la formation des Alpes, il y a 30 millions d’années : le côté bressan s’est effondré et le côté opposé (ouest) a été soulevé.

Par la suite, le fossé bressan a été comblé par des sédiments de plus en plus récents venu de l’Ouest.
Ils s’accumulent aujourd’hui sur plus de 1000 mètres d’épaisseur.

À l’aide d’une boussole munie d’un clinomètre nous mesurons le pendage et sa direction (vers la Bresse).

Mesure du pendage.

Arrêt 3 : Petite falaise calcaire en bord gauche de la route. Dist : 1,3km, D+ :106m.

Le groupe devant le calcaire à débris d’entroques.

A distance, on observe que l’escarpement calcaire est affecté par une faille délimitant un bloc en passe de s’ébouler à cause de son propre poids. On parle de faille de détente.

Ce phénomène redouté en montagne a été prévenu récemment sur l’éperon de Solutré et les blocs ont été « traités » durant le confinement pour éviter tout accident.

Dans la falaise , un lamellibranche ressemblant à un bénitier, de la taille d’une coquille Saint-Jacques :

Trichites, un lamellibranche marin dans le calcaire à débris d’entroques.


La coquille de ce bivalve, épaisse de près d’un cm, se présente en coupe, sans doute en calcite fibro-radiée. On observe dans ce calcaire de très nombreux débris d’encrines (échinoderme)

Didier précise que les échinodermes (oursins, étoiles de mer,..) ont une matrice protéique qui permet l’orientation de la formation des cristaux de calcite qui semble alors se présenter comme un monocristal. Les débris d’encrines de ce calcaire se présentent sous la forme d’une multitude de facettes brillantes ce qui nous permet de nommer cette formation un calcaire à entroques . Vu que l’on y observe également des morceaux de valves d’autres espèces de lamellibranches, des fragments de trichites et de tests d’oursins, ce calcaire est dit bioclastique.

Entre les arrêts 3 et 4, quelques observations, voir diaporama.

Arrêt 4 : Observation de coraux sur le chemin qui mène au sommet.

Ils se présentent sous la forme d’affleurements décimétriques montrant des coraux en nid d’abeille.

Ils nous indiquent que, il y a 165 millions d’années, la mer recouvrait toute la région qui était alors sous climat tropical, en effet, les coraux sont des indicateurs d’un milieu particulier : ils se développent exclusivement dans les mers tropicales.

Arrêt 5 : Vers midi nous atteignons le sommet (483 mètres) Dist : 2,4km, D+ :167m.
Nous observons d’une faille de détente dans ce calcaire corallien.

En ruisselant sur les parois verticales de la faille, les eaux de pluie, chargées en acide, sculptent des ondulations en forme de draperies. (Conduits de dissolution en cupules).

De nombreuses hirondelles de fenêtre tournoient au-dessus de nous et de la falaise.

Photo wikipedia

Après, c’est le repas au sommet de la roche de Vergisson.

Puis nous descendons à la combe Poncet.

Arrêt 6 : Arrivés à la combe Poncet, nous observons un conglomérat.

Photo de détail :

C’est une roche sédimentaire détritique formée par l’accumulation et la cimentation de débris rocheux à gros grains (taille supérieure à 2 cm). Il est cimenté par un liant à grains fins (moins de 2 mm). Si les débris sont encore anguleux, le conglomérat est une brèche sédimentaire.
Ici, les débris sont arrondis (galets), le conglomérat est donc un poudingue.
Cependant ce n’est pas un affleurement géologique car le bloc est posé sur l’herbe en bord de route.

Arrêt 7 : dans les vignes, une affleurement de calcaire à Griffées, des huitres fossile qui confirment la présence de la mer dans la région. Il y a 200 milions d’années, une mer peu profonds occupait la combe Poncet.

Nous montons dans la forêt dans la direction du « bois Rosier »

Arrivés en haut, on prend à gauche vers La Grange du bois par le chemin des crêtes. (GR76A-76-D)

Arrêt 8 : On observe un grès à la loupe. Ils sont datés du début de l’ère secondaire, soit 245millions d’années environ. C’est donc à cette époque que la mer est venue en transgression recouvir la région et son socle granitique.
Les grès proviennent de la désagrégation et du transport des composants du granite, formant un sable de plage qui s’est consolidé par la suite en formant ces grès plus ou moins grossiers selon les endroits.

Observation des grains d’un grès la loupe.

Arrêt 9 : Observation d’un granite :

Le granite constitue le socle de notre région, il est vieux de plus de 300 millions d’années.

l’origine des granites: Entre -400 et -350 millions d’années des continents se rapprochent et leurs masses continentales entrent en collision, formant une chaîne de montagne plus imposante que l’Himalaya car allant de l’Amérique du nord à la Russie.

Les forces compressives provoquent la formation d’une racine crustale en profondeur et des reliefs en surface. Une fusion partielle s’opère dans la racine provoquant la remontée de bulles de magma partiellement fondu, appelés plutons granitiques.

Certaines remontées arriveront en surface pour former des roches volcaniques, exemple les rhyolites de Rampon et de Roche noire, d’autres cristalliseront avant d’arriver en surface formant des plutons granitiques en profondeur. L’érosion de la chaîne les mettra à nu, c’est pour cela que nous pouvons marcher dessus aujourd’hui.

Durant sa remontée, le pluton se refroidit et cristallise. Plus le refroidissement est lent, plus les cristaux seront gros.

Arrêt 10 : Nouvel affleurement de grès avec un pendage bien visible.

Nous poursuivons le chemin des crêtes.

La lande est riche en bruyère.

Arrêt 11 : Arrivés près du prieuré de la Grange du bois, nous observons les roches -sur le bord du chemin.

Vue au dessus du prieuré de la Grange du bois.

Arrêt 12 : Un grès présentant un granoclassement (grains fins en haut, grossiers en bas), le sens du dépôt s’est fait selon la flèche jaune et un grès fin présentant un litage, sens du dépôt selon la flèche orange.
N.B. : les échantillons ont été déplacés pour la photo.

dav



Arrêt 13 : Au milieu du chemin : un granite présentant des fissures.

Le granite s’atère par des fissures, libérant des boules de granite.


C’est l’action chimique des eaux de ruissellement et des substances chimiques libérées par les végétaux ainsi que les actions mécaniques du gel/dégel et des racines des végétaux qui en sont responsables.

Ainsi le granite sain se transforme en chaos granitique libérant des boules de granite altéré et un sable appelé arène granitique.


Grange du bois : Dist : 7,4km, D+ :370m, D-144m.

Arrivés à la voie dite « romaine » :



Nous descendons sur la voie romaine pour rentrer à Vergisson. En chemin, nous nous arrêtons sur une dalle montrant de nombreux fossiles de rostres de belemnites et de coquilles d’Ammonites dans une marne. Dist : 9,6km, D+ :370m, D- :259m. C’est l’arrêt 14, le dernier.

Récapitulatif chronologique : Au milieu du primaire, entre -400 et-350 millions d’années, la chaîne de montagne hercynienne (ou Varisque) se forme par collision de continents (elle s’étend de l’Amérique du Nord à la Russie). Sa mise en relief fait que les produits de son érosion descendent dans les vallées.

Au début du primaire (Trias : -250 et-200Ma), une mer épicontinentale envahit la France.
Dans la région, les allées et venues de la mer engendrent la formation de grès à partir de la consolidation (diagenèse) des produits de l’altération des reliefs avoisinants. C’est l’arrivée d’une mer épicontinentale sur les granites hercyniens. Des pré-dinosauriens laisseront des empreintes de pas sur les grès du Trias.

Entre – 200 et – 190 million d’années (Sinémurien), la mer devenant plus profonde (environ 10m) des Griffées (ancêtres des huîtres actuelles) s’installent dans des vasières littorales. Elles sont accompagnées par d’autres lamellibranches, des gastéropodes (escargots de mer), des céphalopodes (calmars, Nautiles,…)

Entre – 190 et – 180 million d’années, la mer devenant encore plus profonde (plusieurs dizaines de mètres) est colonisée par des ammonites et des belemnites, ainsi que d’autres animaux comme des ichtiosaures visibles à l’espace Pierres folles à St-Jean-des-Vignes.

Il y a 175 millions d’années se dépose un calcaire sableux à stratifications entrecroisées (arrêt 2).

Il y a 170 millions d’années se dépose un calcaire à débris d’entroques (arrêt 3).

Il y a 165 millions d’années la France est passée sous climat tropical à cause de la dérive des continents : un calcaire récifal se forme comme au Bahamas aujourd’hui. (arrêt 4)

Cette mer peu profonde a persisté au moins durant tout le secondaire qui se termine il y a 65 millions d’années, époque à partir de laquelle la région a été définitivement émergée.

Alors que la mer avait laissé ses dépôts en couches horizontales successives comme un mille-feuille, il y a 35 millions d’années, la formation des Alpes a provoqué un effondrement entre les formations Solutré Vergisson et le Jura, formant le bassin bressan (par temps clair on voit au loin la chaîne du Mont-Blanc). Sous l’effet du basculement ces couches se sont fracturées et de nombreuses failles essentiellement NordSud sont apparues formant autant de blocs basculés.

Alors que le fossé Bressan se remplissait de sédiments de plus en plus récents sur plus de 1000 mètres d’épaisseur, le côté ouest a été mis en relief et les roches les plus résistantes à l’érosion ont formé et les éperons de Solutré et Vergisson.

Photos sortie :


Auteur/autrice

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.